
Le Festival de Cannes, c’est aussi un Marché du Film qui rassemble les professionnels du cinéma. Installé là-bas depuis 2004, le Short Film Corner permet aux réalisateurs de courts-métrages de tous les horizons de se lancer par la grande porte.
Cannes, ce n’est pas qu’une affaire de spectacle(s). C’est aussi un marché pour les cinéastes, producteurs et distributeurs de tout acabit. C’est au cœur du palais des Festivals que se nouent les tractations. Pas dans les salles de projections qui diffusent les films de la sélection, mais un étage plus bas où s’affairent les amoureux du cinéma qui ont soudainement la fibre commerçante. Objectif : promouvoir et vendre un film. Vendre un film à l’international pour les distributeurs. Vendre son film à un distributeur pour un réalisateur. Depuis 2004, le festival propose aux cinéastes de courts-métrages de promouvoir leurs œuvres via le Short Film Corner. En 2008, 1830 courts-métrages étaient diffusés à Cannes, tous pays confondus. Toute une équipe peut se déplacer pour défendre son bifteck. Ty McGee écume les allées de cette cinémathèque géante. L’américain projette dans quelques minutes son court métrage. Un honneur pour lui. C’est la première fois qu’il vient à Cannes et la petite notoriété de son film lui a permis de bénéficier d’une salle de projection de quelques sièges, « avec grand écran ! ». Il n’y a qu’une séance et on comprend l’anxiété et l’excitation du bonhomme.
Pas d’inquiétude, tous les courts-métrages sont diffusés à la demande sur de nombreux écrans mis à disposition des festivaliers. Mais revenons à notre entrepreneur du jour. Son film, The ride along, raconte en huit minutes l’histoire d’un couple, dérangé en soirée par deux agents immobiliers alors que les deux tourtereaux aimeraient bien passer à des affaires… plus intimes. On imagine sans peine un film aux accents comiques et les acteurs sont là pour le garantir et inciter les curieux à franchir la porte de la salle. L’américain avait le scénario depuis deux ans dans ses tiroirs et s’est décidé à tourner le film en mars dernier. L’affaire de quelques jours, cette fois. Un réveil tardif, faute de casting et d’argent. Il a monté le film pour une poignée de dollars, juste à temps pour Cannes. La condition sine qua non d’une inscription au Short Film Corner implique que le film présenté soit réalisé après le 1er janvier de l'année qui précède sa présentation au Festival et qu’il n’excède pas les trente cinq minutes. Demain, Ty McGee espère trouver les contacts à Cannes pour réaliser son premier long. Il a déjà le scénario. Il ne nous en dira pas plus. « Je sais que tu ne va pas me piquer l’idée, mais je voudrais revenir l’année prochaine ! ».Jonathan Blanchet / Sortir
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