vendredi 22 mai 2009

A Cannes, les régions font leur cinéma

Les régions ont la côte au cinéma. Elles viennent à Cannes vanter leurs mérites pour attirer des productions chez eux. Jamais elles n’auront été aussi présentes sur le terrain de l’audiovisuel.


A Cannes, les régions font leur cinéma
Jean-François Tefnin, directeur du bureau d’accueil de tournages en Wallonie. (Photo J.Blanchet)

Quel point commun y a-t-il de entre Un prophète, Looking for Eric ou A l’Origine ? Ils sont tous en compétition pour la Palme d’or, certes. Mais tous ces projets ont pu voir le jour grâce aux efforts des régions. Quelques unes d’entre elles sont présentes au Village International, à deux pas du Palais aux marches rouges. Pour elles, les affaires battent leur plein. Au stand Provence Alpes Côtes d’Azur (PACA), on affirme n’avoir « jamais eu autant de dossiers et de contacts que cette année ». Le conseil régional est ravi de sa participation au 62ème festival de Cannes et attend le verdict du jury avec impatience : Un prophète, de Jacques Audiard, pour qui il a investi 150.000€, a reçu un excellent accueil lors de sa projection ici. La région a posé ses valises au festival depuis vingt ans, proximité aidant. Sur les 450 dossiers qu’elle reçoit chaque année, elle en aide 80. Seule condition à l’attribution de l’aide, « un temps de tournage imposé en région pour que le tournage soit validé ». Quel que soit le format du film, la commission PACA examinera votre demande et si la proposition est retenue, vous attribuera une aide en conséquence. Le financement varie selon le genre. Par exemple, on parle de 5000€ pour une aide à l’écriture, en allant jusqu’à 150.000€ pour une aide à la production d’un long-métrage. En prévision d’un succès annoncé pour le film de Jacques Audiard, la région peut-elle espérer un retour financier sur les recettes du film ? « On est au dernier rang. On est vraiment là pour aider » maintient Laurent Genre, de la régie culture régionale. Même si il concède que « sur Indigènes, il y a eu un petit retour ».

Image de marque
A un saut de puce du stand français, la Wallonie vous souhaite la bienvenue. La Belgique francophone s’est installée à Cannes en 2006 et étale fièrement ses productions et co-productions françaises avec des ambassadeurs de talent : Benoît Poelvoorde , Cécile de France, les frères Dardenne... En 2000, la Wallonie a créé son fond d’investissement audiovisuel, WallImage. En moyenne, 250.000€ sont investis par projet. Là encore pour bénéficier du précieux pécule pour tourner son film, un minimum de 50% de la somme demandée doit être investi dans la région. L’an dernier, la Wallonie a même lancé en son sein le label « Cinema Made in Wallonia ». « Un terme générique qui rassemble l’ensemble de l’offre des films produits en Wallonie » explique Jean-François Tefnin, directeur du bureau d’accueil de tournages en Wallonie. « A Cannes, on commence à faire partie des meubles. Les gens nous reconnaissent. Cette année, on a enfin enlevé la carte qui nous situait en Europe ! ».


Jonathan Blanchet / Sortir

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