Un Certain Regard, La Quinzaine des Réalisateurs ou la Semaine de la Critique. Trois sections qui s’ouvrent ce jeudi et se déroulent en parallèle à la fameuse compétition, sans être pour autant sous le feu des projecteurs. Et pourtant, c’est là que se cachent les Dardenne et Loach de demain.
Une future palme pourrait bien s’y cacher. Cannes, ce n’est pas que la compétition sous les ors du palais des festivals.
A ses côtés se joue la catégorie Un Certain Regard, section crée en 1978 par Gilles Jacob, délégué général d’alors et actuel président du Festival. La compétition, elle, s’arroge presque le feu des projecteurs… et les flashs des médias. « Un Certain Regard, on en parle relativement peu » déplore presque Gilles Jacob. Et pourtant, acteurs et réalisateurs qui ont depuis trouvé la notoriété y reviennent, c’est dire. Comme le réalisateur français Alain Cavalier ou le roumain Cristian Mungiu. Le cinéaste revient au Certain Regard accompagné d’un collectif pour présenter Les contes de l’âge d’or, chronique de la Roumanie communiste dans ses dernières années. Un retour remarqué après sa palme d’or en 2007 pour Quatre mois, trois semaines et deux jours. Autre exemple, A la dérive, du réalisateur Heitor Dhalia, met en scène un écrivain joué par Vincent Cassel. Aujourd’hui, un film irainien fait l’ouverture : On ne sait rien des chats persans de Bahman Ghobadi. Un film qui sera, « rapidement interdit » à entendre Thierry Frémaux, délégué général du Festival. Où l’Iran contemporain y est raconté par un groupe de rap iranien. « Avec ça, vous êtes contents d’être cinéphile » avait conclu Frémaux lors de la traditionnelle conférence de presse qui révéla cette sélection.
La Semaine de la Critique
Dans son livre de souvenirs, La vie passera comme un rêve, Gilles Jacob évoque les guerres intestines au démarrage de ces différentes sections du festival. La plus ancienne et la section la moins volumineuse du Festival, La Semaine de la Critique est née en 1962, pour « mettre à l’honneur les premières et deuxièmes œuvres des cinéastes du monde entier ». Ken Loach et Jacques Audiard, tous deux en compétition cette année et respectivement pour Looking for Eric et Un prophète y sont passés. Dix long-métrages en seront pour sa 48ème édition . Il n’y a qu’un seul second film cette année. C’est la section pour découvrir un cinéma du monde méconnu : films afghans, colombiens, futurs représentants d’un cinéma en devenir.
Quinzaine des Réalisateurs
Donner de la voix et de la visibilité aux réalisateurs. "La Quinzaine", comme l’appellent familièrement les habitués, est née suite à la contestation soixante-huitarde et organisée par la Société des Réalisateurs de Films (SRF). La section, à quasi-égalité numérique avec l’officielle (elle comprend 24 films), présente également une dizaine de courts-métrages. Surprise, elle s’ouvre aujourd’hui sur le dernier film de Francis Ford Coppola, Tetro. Le réalisateur du Parrain s’est attaché à décrire les tensions d’une famille d’immigrés italiens en Argentine. La section se veut cette année plus légère. Autre tendance, le film documentaire. Les deuxièmes et premiers films s’y partagent aussi la sélection. Le soir de la cérémonie de clôture, les clivages de sections vont tomber. Toutes, sans exception, pourront obtenir la caméra d’or. Le fameux prix qui récompense le meilleur premier film du festival.
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